Dans
le but louable de soulager les finances de la commune qu'il dirigeait, ce dernier
avait projeté de vendre le
lac et le camping attenant en rupture de gérance. L'affaire avait
tourné court et fut fatale à l'édile : un référendum organisé localement, d'abord,
puis le Conseil Municipal répondaient par la négative à cette tentative, entraînant
la démission du premier magistrat de la ville. En février dernier, les Montjoyards
portaient Gilbert
Carrère, un ancien préfet, à la mairie. A charge pour lui de régler les
dettes de la commune qui s'élèvent au 1er janvier 2005 à 171 000 euros. Une dette
qui plombe l'activité communale depuis des années.
Rumeurs. Aussi pour résorber la passif, la première mesure prise par la
nouvelle équipe municipale fut l'augmentation de 12 % des impôts locaux (1), un
petit événement tout de même pour ce village, puisqu'avant cela la fiscalité n'y
avait été relevée qu'une seule fois depuis 25 ans ! Mais surtout, depuis quelques
semaines, la bastide de Lamontjoie a mis officiellement en vente une partie de
son patrimoine, en l'espèce, son presbytère. Sans doute amorcés par l'affaire
du lac, les bruits les plus fous ont alors couru, colportant la rumeur que la
mairie s'apprêtait à vendre aussi la vieille poste, la chapelle et même l'église.
Rien que ça ! En fait, pour l'heure, la municipalité étudierait seulement la possibilité
de se séparer de la chapelle de Daubèze.
Une information aussitôt démentie par la municipalité montjoyarde qui assure que
seul le presbytère doit trouver acheteur. "Ce n'est pas par gaieté de coeur,
assure Pascal Boutan, adjoint au maire. Mais il arrive un moment où il faut faire
des choix. Le bâtiment nécessite de grosses réparations. Or la commune qui dispose
d'un patrimoine conséquent, ne peut se permettre de les financer. Compte-tenu
de l'endettement, on ne peut donc raisonnablement pas jouer sur tous les tableaux..."
Aveu d'impuissance qui traduit et Lamontjoie n'est pas un cas isolé en France
le manque crucial de ressources de la commune. Nécessaire
intercommunalité. Un manque d'autant plus pénalisant à l'heure où les charges
de voirie ou encore de collectes d'ordures, elles, ne cessent d'augmenter. Car
Lamontjoie, à l'instar de ses voisines de Saint-Vincent-de-Lamontjoie et du Nomdieu,
est victime de son isolement. Comme elle n'appartient à aucune communauté
de communes elle ne dispose pas de la mutualisation des ressources et des services.
Il y eut bien l'aventure intercommunale menée entre Lamontjoie et le Nomdieu amorcée
en 1996, mais qui prit fin en 2002, semble-t-il, à cause de divergences entre
les deux municipalités de l'époque. Aussi, après avoir frappé en vain à la
communauté de communes de Laplume en Bruilhois, Lamontjoie comme ses deux voisines
espère aujourd'hui intégrer celle du Val d'Albret. Une intercommunalité, avec
laquelle, comble de l'absurde, elle ne dispose d'aucune frontière ! Du coup si
la communauté
de communes du Val d'Albret est favorable à l'entrée des trois communes,
l'intégration passe d'abord par une dérogation délivrée par la préfecture. Une
intégration en forme de ballon d'oxygène pour Lamontjoie. Le moyen aussi de conserver
son patrimoine. Source
B. Souperbie pour le quotidien Sud Ouest du 11 avril 2005 (1)
23 % pour la taxe d'habitation, 23 % pour la taxe foncière et une hausse moins
conséquente pour la taxe professionnelle. |