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Blaise de Monluc : le gascon extreme
 
Le château de Monluc produit le pousse rapière  des plus connus du Sud Ouest de la France en région Aquitaine

C'est, retiré dans son château d'Estillac, près d'Agen, que Monluc commence à dicter ses commentaires. L'esprit est encore alerte, la peau tannée, la langue agile. Son corps couturé de cicatrices est la carte de géographie de ses champs de bataille. Un masque de cuir dissimule à peine l'absence de nez, arraché en montant à l'assaut sur une échelle à plus de 70 ans.
Il dicte, explique, détaille ses actes. Persiste et signe la bible du soldat, selon l'expression d'Henri IV.

Pour répondre aux langues de prêtres arrachées à Bazas et aux femmes d'Agen que l'on fait éclater en leur bourrant le sexe de poudre, il pend des huguenots à Targon, en enfourche une quarantaine dans les chênes verts de Sauveterre de Guyenne.

Au jeu du talion, Blaise de Monluc se révèle impitoyable.
L'atrocité est la règle sanglante du triste ping-pong des guerres de religion. Et entre deux actions musclées... il assiste à la messe. Monluc, c'est le Gascon extrême. Le Gascon Canal historique, le père de ces cadets de Gascogne qui sont partis sur des rossinantes chercher la gloire.

Le pourpoint rapiécé, l'épée au côté, il est le chef de file de ce mascaret de cadets qui, pendant près d'un siècle, vont constituer une force redoutée et recherchée d'hommes de main. A la fois mafia et garde prétorienne, laissant le panache au vestiaire. Ils sont la gênante réalité, loin des héros de Dumas, de Rostand, de Théophile Gautier. Loin du pays de cocagne où les hommes "croonent" les palombes, où le tronc des arbres est en lard et leur sève, un liquide précieux nommé armagnac. Romans et théâtre sont parfois des miroirs menteurs. Le fard est un trompe-couillon. Et tous les gascons n'ont pas les semelles de swing.

Guy Suire, Sud Ouest du mardi 10 août 2004

MONLUC (Blaise de Lasseran Massencome, seigneur de) maréchal de France né à Saint Gemme (Gers) en 1502, mort à Estillac (Agenais) en 1577. Après de brillants services en Italie (Pavie en 1525 et Cérisoles en 1544) et au siège de Sienne (1554 - 1555 ), il combattit les calvinistes avec cruauté dans le Sud Ouest de la France.
 
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