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Blaise
de Monluc : le gascon extreme | ||
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C'est, retiré dans
son château d'Estillac, près d'Agen, que Monluc commence à dicter ses commentaires.
L'esprit est encore alerte, la peau tannée, la langue agile. Son corps couturé
de cicatrices est la carte de géographie de ses champs de bataille. Un masque
de cuir dissimule à peine l'absence de nez, arraché en montant à l'assaut sur
une échelle à plus de 70 ans. Pour répondre aux langues de prêtres arrachées à Bazas et aux femmes d'Agen que l'on fait éclater en leur bourrant le sexe de poudre, il pend des huguenots à Targon, en enfourche une quarantaine dans les chênes verts de Sauveterre de Guyenne. |
| Au
jeu du talion, Blaise de Monluc se révèle impitoyable. Le pourpoint rapiécé, l'épée au côté, il est le chef de file de ce mascaret de cadets qui, pendant près d'un siècle, vont constituer une force redoutée et recherchée d'hommes de main. A la fois mafia et garde prétorienne, laissant le panache au vestiaire. Ils sont la gênante réalité, loin des héros de Dumas, de Rostand, de Théophile Gautier. Loin du pays de cocagne où les hommes "croonent" les palombes, où le tronc des arbres est en lard et leur sève, un liquide précieux nommé armagnac. Romans et théâtre sont parfois des miroirs menteurs. Le fard est un trompe-couillon. Et tous les gascons n'ont pas les semelles de swing. Guy Suire, Sud Ouest du mardi 10 août 2004 |
| MONLUC (Blaise de Lasseran Massencome, seigneur de) maréchal de France né à Saint Gemme (Gers) en 1502, mort à Estillac (Agenais) en 1577. Après de brillants services en Italie (Pavie en 1525 et Cérisoles en 1544) et au siège de Sienne (1554 - 1555 ), il combattit les calvinistes avec cruauté dans le Sud Ouest de la France. |